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L'empire contrattaque

Avant d'entrer dans les détails, je vous propose un court extrait de la recommandation formulée par le comité issu du décret FORTOUL, en 1852, dans le cadre d'une une enquête afin de recueillir et publier les chants populaires français. Ce texte me parait présenter plusieurs notions essentielles sur lesquelles je reviendrai par la suite :
"Le comité doit signaler à ses correspondants un écueil contre lequel pourraient se trouver arrêter quelques personnes, musiciennes d'ailleurs, mais qui n'ayant point fait une étude spéciale de l'art, ignorent que les formes mélodiques adoptées aujourd'hui exclusivement même, ne sont pourtant qu'une particularité au milieu des formes nombreuses et bien plus variées par lesquelles elles ont pu passer dans la série des âges. Mais sans entrer dans des détails qui seraient ici hors propos, sur l'histoire du rythme et de la tonalité, nous nous bornerons à dire que beaucoup d'anciens airs différent des airs modernes, non seulement par l'absence d'une mesure et d'un rythme bien déterminé, mais par deux circonstances caractéristiques: la première, que l'air peut finir autrement que sur la tonique, la deuxième que l'air peut n'avoir point de note sensible..."
"...qu'une particularité au milieu des formes nombreuses et bien plus variées..."
"... l'absence d'une mesure et d'un rythme bien déterminé..."
"... peut finir autrement que sur la tonique... n'avoir point de note sensible..."
Déjà, donc, en 1852, on remettait en cause les règles rythmiques et harmonique étriquées inventées dans le siècle précédent. Déjà la dictature de la sensible et de la tonique tremblait sur ses pieds d'argile.
Mais je vous parlerai dans un prochain article de la naissance de la musique modale en ce 19° siècle fertile où un art musical typiquement français a vu le jour.

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