Si le râga, ou râgam, dans la musique classique indienne, est parfaitement défini, et depuis plus d’un millénaire, une conception adaptée à un outil d’expression occidental reste à construire.
Dans la musique indienne, chaque râga est lié à un sentiment, rasa, une saison, un moment du jour...
Dans une perspective de créer un mode d’expression typiquement occidental, donc essentiellement polyphonique, il serait dommage de substituer un carcan théorique par un autre. C’est surtout l’occasion d’offrir un cadre philosophique à une liberté créative individuelle.
Le Raga offre une structure à partir de laquelle évoluer avec des intervalles de confort plus ou moins expressives dans un cadre polyphonique. Il appartient au compositeur d’y mettre ce qu’il veut et à l’interprète d’avoir sa propre lecture en fonction de sa propre humeur et des caractéristiques de son instrument.
Ainsi, dans le solo sur le raga Marava, que j’expose en exemple, si l’appui se fait sur un ri komal, seconde mineure, l’objectif est de donner l’élan à la séquence qu’il prépare. Des phrases courtes pour un instrument imposant, et qu’on peut séparer à sa guise, de silences plus ou moins longs, et un tempo rubato très lent.
Une culture s’enrichit par des échanges, ainsi que l’ont fait les musiciens du moyen-âge en utilisant des instruments pris, au hasard de leurs voyages. Le loud, par exemple. Pour un mode d’expression qui leur était propre.
Utiliser les ragas en respectant à la lettre les règles traditionnelles issues des théories védiques ne nous conduirait qu’à faire de la mauvaise musique indienne. Copier n’est jamais constructif. Par contre, nous inspirer de la diversité d’une culture pour enrichir la nôtre sera positif.
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